Iran: Pourquoi Washington attaquera Téhéran...
Par Noureddine le samedi 22 septembre 2007, 14:05 - Actualité internationale - Lien permanent
Abd Al-Bari Atwan, directeur du quotidien nationaliste panarabe Al-Quds Al-Arabi, énumère neuf indices tendant à prouver qu¹une guerre va avoir lieu au cours des six prochains mois...
Après l’été, les affaires sérieuses redémarrent. La diplomatie occidentale se remet en branle, et tout indique qu’elle se focalisera à nouveau sur le Moyen-Orient. Dans les mois à venir, le point de fixation sera l’Iran, prochaine cible des Américains. Nous devons nous attendre à une escalade politique, diplomatique, médiatique et militaire sans précédent contre ce pays et son programme nucléaire. Car le temps qui reste au président George Bush est désormais compté pour traiter ce dossier. Un certain nombre d’évolutions récentes donnent à penser que la guerre aura lieu dans les six prochains mois, à moins d’un miracle sous forme de capitulation, semblable à celle de la Libye ou, plus récemment de la Corée du Nord.
Premier indice:
Pour parler du danger nucléaire iranien, George Bush a utilisé les termes d’“holocauste nucléaire”, avertissant ainsi clairement Téhéran de ne pas aller plus avant dans son programme d’enrichissement d’uranium, comme s’il voulait à la fois accentuer la menace contre l’Iran et préparer l’opinion publique américaine, voire internationale, à l’éventualité d’un usage d’armes nucléaires américaines contre ce pays.
Deuxième indice:
Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, commence à occuper la place laissée vacante par Tony Blair, à savoir celle du meilleur allié de Washington. Il a donc abandonné la ligne chiraquienne au profit d’une américanisation de ses positions à propos du Moyen-Orient. A son retour de ses vacances d’été américaines, il a déclaré aux 188 ambassadeurs qui représentent la France à travers le monde que l’acquisition de l’arme nucléaire était la ligne rouge à ne pas franchir et que l’Iran s’exposerait fatalement à des bombardements s’il ne renonçait pas à ses ambitions.
Troisième indice:
Le journaliste américain Seymour Hersh a affirmé devant un groupe de confrères français rencontrés il y a quelques semaines à Paris qu’il avait appris de la part de sources à la Maison-Blanche que la décision de frappes contre l’Iran avait déjà été prise, que le dernier mot dans ce dossier revenait désormais au camp proche du vice-président Dick Cheney [faucon], et que le ministre de la Défense Robert Gates présenterait prochainement sa démission en raison des conséquences catastrophiques auxquelles il s’attend en cas de guerre.
Quatrième indice:
Un des vice-secrétaires d’Etat américains, Nicholas Burns, a expliqué à Roger Cohen, du New York Times, que la plupart des pays sunnites de la région considèrent l’Iran comme un trublion soutenant le terrorisme et comme une menace pour la stabilité régionale. Il a ajouté que ces pays, et notamment les pétromonarchies du Golfe, ont compris que l’Iran représentait une menace plus sérieuse qu’Israël.
Cinquième indice:
Les Etats-Unis ont fait inscrire les gardiens de la révolution iraniens [les pasdarans] sur la liste internationale des organisations terroristes. Ils ont également durci le ton en accusant à nouveau Téhéran de soutenir la résistance irakienne, y compris Al-Qaida, avec des livraisons d’armes sophistiquées qui alourdissent le bilan humain des forces américaines.
Sixième indice:
L’Arabie Sao udite a signé un contrat d’un montant estimé à quelque 5 milliards de dollars avec une société américaine pour entraîner et équiper quelque 35 000 hommes chargés de protéger ses installations pétrolières. Il faut savoir qu’il y a un an Al-Qa ida avait préparé un attentat contre ces installations, mais n’avait pas réussi à pénétrer dans les zones de haute sécurité. L’Iran, en revanche, aurait les moyens de les attaquer avec un avion suicide ou avec ses missiles Shihab, ce qui pourrait provoquer l’effondrement des exportations de brut saoudien. C’est d’ailleurs pourquoi les Américains maintiennent leurs batteries de missiles antimissiles Patriot dans la région, notamment au Koweït et à proximité des côtes saoudiennes.
Septième indice:
La précipitation avec laquelle Washington prépare une conférence internationale de paix, prévue pour l’automne, et presse Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert de se rencontrer pour annoncer un accord de principe. Un succès dans ce domaine faciliterait un recours à l’option militaire contre l’Iran, dans la mesure où cela satisferait les sunnites de la région, qui pourraient alors faire cause commune avec les Etats-Unis et Israël pour combattre les alliés de l’Iran que sont la Syrie, le Hez bollah libanais et le Ham as palestinien.
Huitième indice:
Le soudain revirement de George Bush au sujet du Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki. Après avoir laissé entendre qu’il souhaitait sa démission, il lui a ensuite délivré un satisfecit. L’explication la plus plausible de ce changement est que les plans concernant l’Iran ont été accélérés et que l’administration américaine estime ne plus avoir assez de temps pour provoquer un changement gouvernemental en Irak.
Neuvième indice:
Le tout récent retrait des troupes britanniques de Bassorah, qui signifie d’une part que la Grande-Bretagne est désormais convaincue que la victoire en Irak est impossible, d’autre part qu’elle souhaite soustraire ses troupes au risque de représailles iraniennes en cas de frappes aériennes américaines. Les soldats britanniques stationnés à Bassorah, à quelques encablures de la frontière iranienne, seraient en effet une cible idéale pour les Iraniens. Face aux deux défaites en Irak et en Afghanistan, Bush estime que la seule possibilité qui lui reste pour sauver sa présidence et préserver les chances de son parti aux prochaines élections consiste à tenter le tout pour le tout, c’est-à-dire à attaquer l’Iran. Il accepte le risque d’une nouvelle défaite, sachant parfaitement que les missiles iraniens n’atteindront pas New York ou Washington, mais Tel -Aviv, R iyad ou Dubaï.
Abd Al-Bari Atwan - Al-Quds Al-Arabi (via le Courrier international), hebdo n° 880, le 13 septembre 2007
Je rejouterai
Dixième indice:
L'occident "virtuellement" en dépôt de bilan pour cause d'hyperspéculation, d'hyperendettement ,et d'hyperpillage va relancer son économie prédatrice par la guerre comme cela a été fait après 1929.
Onzième indice:
La mafia du complexe militaro-industriel a complétement corrompu nos soit disant réprésentants politiques et les arrose à coup de millions de dollars pour qu'ils servent les intérêts de cette industrie de la mort qui carbure sur les budgets de nos impôts.
Tout cela se fait en notre nom et avec l'argent de notre labeur.
Ne laisser pas la mafia Bushienne et ses larbins nous entrainer dans une guerre sans fin!
Rappelez-vous qu'avec seulement 10% des budgets militaires on nourrit ,soigne ,instruit tous les habitants de la planète.
Noureddine






Commentaires
Et hélas, il semblerait bien que la préparation indispensable de l'opinion publique française soit en marche...
Les propos de Kouchner, sur la guerre en Iran, ont mis le feu aux poudres dans les régions où le changement de ligne diplomatique de la France a déjà des conséquences terribles.
douzième indice:Kouchner avait déjà été favorable à la seconde guerre américaine en Irak et a tenu ses propos sur la guerre en Iran après l'article que tu cites (dimanche soir). Depuis :
Avant hier, un soldat français est mort dans l'explosion d'une voiture piégée à Kaboul (le deuxième match du 15 de France lui a été dédié par Laporte).
Hier, deux français ont été bléssés, en Algérie, dans un attentat suicide contre des intérêts français...
Alors que le France pourrait jouer un tout autre rôle, au côté des pays du Sud, comme nous le proposons (voir notre esquisse de société dans les 125 propositions) voici qu'elle se retrouve à l'avant garde des forces impérialistes...
Parions que l'exploitation de la situation par les médias n'en est qu'au début.
Sur ce terrain-là aussi, il faudra résister.
NON A LA GUERRE EN IRAN !
XM