Qu’est-ce qui se cache derrière les 14 supressions de postes dans les lycées de Sète et le non renouvellement des CAE sur le bassin de Thau ?

Il faut d’abord dire que la suspension des décrets de Robien (qui portaient sur le temps de travail et l’organisation du service des enseignants) n’est pas l’abandon du projet lui-même. Ce n’est qu’une mesure tactique pour masquer les vrais projets du gouvernement. Les suppressions de postes sont maintenues et même augmentées (17 000 postes). Autre décision tactique : le ministère annonce que les économies ainsi réalisées seront reversées en partie aux fonctionnaires sous forme d’heures supplémentaires. Une nouvelle fois, il s’agit de monter les personnels les uns contre les autres.

D’autre part, le non renouvellement de la moitié des CAE met l’accent sur le caractère extrêmement précaire de ces emplois de droit privé. A ce propos, force est de constater que l’état utilise des contrats de droit privé tout en refusant aux personnes concernées les avantages liés à ce type de contrats (la prime de retour à l’emploi, par exemple). Cette gestion déconcentrée qui permet d’organiser la précarisation des personnels au niveau des établissements scolaires traduit la volonté de désengagement de l’Etat de la politique d’Education.

Cette stratégie sournoise d’affaiblissement de l’école publique a pour but de faciliter la mise en place d’un système concurrentiel privé et payant qui génèrerait surtout, enfin les profits colossaux exigés par les lobbies financiers dans le cadre de la marchandisation du savoir et de la mondialisation de l’économie.

N’oublions pas qu’une nouvelle fois il s’agit, pour le gouvernement, d’ouvrir un système public à la concurrence, en désorganisant ses services, comme cela est déjà le cas pour l’eau, l’énergie, la santé… Nos dirigeants respectent en cela les sombres engagements sur l’AGCS pris par la France auprès de l’OMC.