Ecole et Mondialisation
Par CB le samedi 29 septembre 2007, 09:53 - Contributions perso... - Lien permanent
Qu’est-ce qui se cache derrière les 14 supressions de postes dans les lycées de Sète et le non renouvellement des CAE sur le bassin de Thau ?

Qu’est-ce qui se cache derrière les 14 supressions de postes dans les lycées de Sète et le non renouvellement des CAE sur le bassin de Thau ?
Il faut d’abord dire que la suspension des décrets de Robien (qui portaient sur le temps de travail et l’organisation du service des enseignants) n’est pas l’abandon du projet lui-même. Ce n’est qu’une mesure tactique pour masquer les vrais projets du gouvernement. Les suppressions de postes sont maintenues et même augmentées (17 000 postes). Autre décision tactique : le ministère annonce que les économies ainsi réalisées seront reversées en partie aux fonctionnaires sous forme d’heures supplémentaires. Une nouvelle fois, il s’agit de monter les personnels les uns contre les autres.
D’autre part, le non renouvellement de la moitié des CAE met l’accent sur le caractère extrêmement précaire de ces emplois de droit privé. A ce propos, force est de constater que l’état utilise des contrats de droit privé tout en refusant aux personnes concernées les avantages liés à ce type de contrats (la prime de retour à l’emploi, par exemple). Cette gestion déconcentrée qui permet d’organiser la précarisation des personnels au niveau des établissements scolaires traduit la volonté de désengagement de l’Etat de la politique d’Education.
Cette stratégie sournoise d’affaiblissement de l’école publique a pour but de faciliter la mise en place d’un système concurrentiel privé et payant qui génèrerait surtout, enfin les profits colossaux exigés par les lobbies financiers dans le cadre de la marchandisation du savoir et de la mondialisation de l’économie.
N’oublions pas qu’une nouvelle fois il s’agit, pour le gouvernement, d’ouvrir un système public à la concurrence, en désorganisant ses services, comme cela est déjà le cas pour l’eau, l’énergie, la santé… Nos dirigeants respectent en cela les sombres engagements sur l’AGCS pris par la France auprès de l’OMC.






Commentaires
Tout à fait en lien avec l'actualité et cet article, la suppression des cours dans les écoles le samedi matin. Passons sur la méthode...une décision sans concertation aucune (on s'appuie encore juste sur des sondages d'opinion qui façonnent l'opinion publique au lieu de la refleter).
La philosophie générale du projet est que l'école coûte cher et qu'elle ne sert pas à grand chose (en tout cas elle ne génère pas de profits). Alors on supprime ce qu'on peut supprimer. Si les gens veulent plus d'éducation, ils se la paieront. Bien sûr on laissera en place les décombres de ce qui a été l'Education Nationale pour ne pas être accusé de désengager totalement l'Etat de sa mission et de gruger les plus démunis.
Par ailleurs, on s'assurera, dans une belle lettre aux éducateurs, du soutien des enseignants qui seront sensibles au discours sur le plus de respect et le "travailler plus pour gagner plus"...
Au final, au lieu d'aller vers des propositions qui visent à soutenir le service public d'éducation au moment où le besoin est de plus en plus fort ( car nous avons des propositions, bien plus de 125, et nous devons continuer à en faire), on brade, on casse, joyeusement et sans complexes.
Jusqu'où iront-ils dans cet esprit-là?
On peut heureusement reformuler la question autrement:
Jusqu'où avons nous le droit de les laisser aller?
Xavier Marchand