Pourquoi la riposte sociale est-elle en panne?
Par Xavier Marchand le mardi 2 octobre 2007, 14:44 - Contributions perso... - Lien permanent
Quel rapport entre l'apathie actuelle du mouvement social et le grand débat interne qui continue de traverser le PCF ?
Il y a un an, la LCR refusait, de rentrer dans les collectifs unitaires antilibéraux, y laissant le PCF en position dominante, avec les suites que nous connaissons tous. Elle expliquait que la stratégie vis-à-vis du PS devait être plus clairement définie encore. Nous ne voulions plus fonctionner avec les sociaux-libéraux...
Il y a une semaine, la même LCR refusait de signer l'appel final pour les manifestations du 29 septembre du comité Riposte. Elle expliquait qu'à l'initiative du PS, ce texte avait été beaucoup trop assoupli, notamment vis-à-vis du MEDEF. Dans ces conditions-là, elle ne signait pas l'appel. Ce n'est pas la seule explication à la faiblesse de la mobilisation, mais cela en est une qui est certaine.
Comment une riposte sociale aux politiques néolibérales pourrait-elle être puissante si elle n'est pas coordonnée?

Nous avons appris hier soir que les fédérations de fonctionnaires n'avaient pas pu se mettre d'accord pour suivre les syndicats d'EDF, de la SNCF et de la RATP au sujet des grèves du 18 octobre. L'incertitude, le désordre et le doute nous commandent...
Mais où allons nous?Dans combien de directions différentes tirons nous?
Si le modèle de société que nous proposons est en rupture totale avec les modèles libéraux, comment espérer encore arriver à nos fins en partageant le pouvoir avec des sociaux libéraux, qui, eux, ne veulent pas vraiment changer les choses? Il faut que les choses soient mises à plat dans tous les esprits pour que nous puissions de nouveau bâtir. Si les stratégies d'alliance électorale avec le PS, ne sont pas clarifiées dès à présent, la confusion politique qui continuera à s'en suivre, brouillera les cartes du mouvement social. Et nous perdrons tout le temps de l'année électorale à venir... :-c
Idéalement, la contestation sociale doit déboucher sur une proposition politique qui doit être la même pour toutes les composantes de cette contestation. Autrement dit, comment contester efficacement et ensemble un modèle de société, si on ne peut pas se mettre d'accord sur le modèle qui doit la remplacer?
Car nous voulons bien changer la donne. N'est-ce pas?
Un socialiste à la tête du FMI, un socialiste à la tête de l'OMC, un socialiste atlantiste à la tête de la diplomatie française... Et puis quoi encore?
Pour ce qui est de la rupture avec le PS, on peut trouver sur le site www.bellaciao.org une pétition lancée par des militants communistes, au sujet des scrutins à venir et de la stratégie du PCF... Cliquez ici.
C'est un signe que le parti est réellement plus que traversé par ce débat de fond: un changement de stratégie politique fondamental.Une vraie rupture avec le PS. Qui ouvrirait la voie, enfin, à la recomposition d'une vraie force politique de gauche. Une force qui ne se contenterait pas d'accompagner socialement le libéralisme, mais qui proposerait une transformation sociale, au point d'en finir avec le modèle capitaliste.
C'est en nous débarrassant des considérations d'alliances molles et en faisant le choix de proposer, quoi qu'il nous en coûte électoralement, un modèle de société différent, que nous remettrons sur les rails l'espoir d'une société meilleure et que nous pourrons libérer l'énergie collective indispensable à une riposte sociale efficace et porteuse d'espoir...
Unis dans ce sens, les partis (ou courants politiques) capables d'un tel effort verront revenir vers eux les gens qui les fuient aujourd'hui et désertent le terrain de la résistance sociale. C'est la condition pour que nos idées deviennent un jour majoritaires!
Sociaux et environnementaux, les enjeux sont trop importants.
Nous le clamions tous ensemble il y a un an. C'est encore plus vrai aujourd'hui.
Xavier Marchand






