Une poignée de multinationales (celles qui financent notamment la fondation Hulot ou encore WWF) et quelques groupes de pression (think tanks) conservateurs et libéraux très puissants ont décidé de monter à l'assaut de l'écologie, car il sont conscients que ce terrain va devenir, au cours de ce siècle, celui de terribles affrontements sociaux.
  La crise environnementale comme l'épuisement des ressources naturelles créent en effet les conditions pour un retour de la question du partage au centre du débat politique. Leur objectif est donc de réaliser au 21e siècle avec la question environnementale ce qu'ils ne sont jamais parvenus à faire avec la question sociale durant le 19e et 20e siècle.


  Ils ont su tirer les leçons du passé et n'entendent pas, cette fois, laisser se développer des mouvements sociaux autonomes donc capables de les mettre politiquement en accusation. C'est pourquoi non seulement ils promettent de << laver plus vert>> que les écologistes, mais voudraient faire croire qu'il serait possible d'avoir à la fois la croissance économique et la protection de l'environnement, bref que le capitalisme pourrait être son propre remède.

  C'est pourquoi ceux qui ont tout intérêt à poursuivre la << domination des uns sur les autres et de toute la planète>> ont aussi  tout intérêt à casser dans l'oeuf toute réelle opposition. On voudrait nous faire croire que toute pensée rebelle serait une pensée malade que toute contestation un tant soit peu sérieuse serait le fait de marginaux passéistes ou utopistes. C'est pourquoi le Grenelle de l'environnement est conçu comme un véritable procès en sorcellerie contre tous les véritables défenseurs de la planète.

  Le réquisitoire du procureur Borloo est déjà écrit. D'un coté les réalistes, de l'autre les extrémistes. D'un côté les adeptes du progrès économique, scientifique, technique; de l'autre les tenants de l'obscurantisme et d'une écologie de la repentance.

  En écologie il ne faut pas poser les questions qui fâchent, les esprits ont été préparés depuis longtemps a cette grande messe par les deux fantoches de l'écologie soumise et lucrative, l'un au service de TF1, l'autre de FRANCE 2. Avec eux, pas de risque que l'on s'en prenne aux firmes et aux riches qui s'engraissent.
L'écologie doit parler désormais par la voix du patronat et des économistes. Ne nous faisons pas d'illusion sur les enjeux ni sur les résultats.


On nous annonce 2 fois plus d'avions dans 20 ans.
On nous annonce 2 fois plus de voitures dans 20 ans.
On nous annonce que 31 millions de logements en France devront atteindre le facteur 4 dans 20 ans (économie d'énergie isolation).
On nous promet mais on ne nous dit rien pour que l'on ne s'affole pas.
Y'aurai t'il panique a bord?

 J'aimerais citer pour terminer la réflexion de Yves Cochet (ancien ministre de l'environnement) en 2006: << Personne n'anticipe le choc à venir qui sera brutal et révolutionnaire, pour moi je le répète le choc est inévitable. Il va y avoir un choc économique et social, associé à un choc climatique et environnementale de grande ampleur. La plus grande épreuve que doit affronter l'humanité. Malheureusement , il y aura beaucoup de souffrance. Plus on attend plus ce sera dur, mais de toute façon se sera dur.>>.
Prenons les mesures prioritaires et efficaces pendant que nous en avons encore le temps, encore les moyens, encore l'énergie pas chère et disponible. Cette crise va nous imposer une remise en cause globale de notre société , de notre économie, de notre consommation, de notre mode de vie. Mais c'est trop dur a entendre alors on se rassure et l'on continue à y croire sans vouloir se poser les véritables questions.

Peut on freiner le réchauffement climatique?
Parce qu'il est au-delà de la mesure humaine et a des conséquence sur tout le reste: montée des eaux, augmentation de la température, et donc des épidémies nouvelles, des réfugiés climatique, la sècheresse, le manque d'eau, la famine (les réserves agricoles et halieutiques baissent), la pauvreté,  le chaos social. Bref nous pourrions énumérer une quantité de répercussions...
Nous sommes loin des inquiétudes et des propositions de M. Borloo ou de la Gauche.

Ne comptent que le développement durable et l'économie de marché .

Ce doit être le nouveau dogme religieux...


Bonnes réflexion à tous.

Olivier       

(Le début de l'article est tiré du journal Décroissance)