A chacun selon son mérite
Par CB le mardi 30 octobre 2007, 09:12 - Actualité nationale - Lien permanent
Ce matin, en me rasant, j'écoutais France Inter et son cortège de chroniqueurs pseudo-économistes au service du grand capital. Ce matin, donc, au programme, le salaire du chef de l'état, 6000 euros mensuels. "Quelle misère!" entonne en choeur l'équipe éditoriale. Ainsi les arguments les plus obscènes - même le PS monte au créneau pour défendre l'idée, Mitterand en aurait-il souffert lui aussi ? - se succèdent sans qu'aucun avertissement ne soit diffusé au public, alors qu'un message du type "Chers auditeurs : les propos qui vont suivre sont de nature à choquer les smicards et les rmistes. Si vous êtes dans ce cas, veuillez vous éloigner de votre poste de radio. Un dgingueule vous indiquera le signal de retour, afin que vous ne ratiez pas la prochaine page de publicité pour tous."
Personne donc sur l'antenne de France Inter pour expliquer que toutes les dépenses professionnelles du Chef de l'Etat sont payées par l'Elysée - logement, nourriture et... blanchiment ! Personne non plus pour souligner que cet homme qui prétend travailler tout le temps n'a que très peu de vacances et que celles-ci étant prises en charge par ses amis fortunés, il n'a nul besoin de tant d'argent de poche, car au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit, non ?
Ainsi il s'agit de faire comprendre au peuple que l'argent des riches n'est pas tabou, et que Nicolas le Petit a le droit à sa part de gâteau. Certes, certes, mais l'on peut aussi objecter que les critères retenus auraient pu lui être bien plus défavorables : en supposant que les besoins nutritionnels d'un individu, fut-il l'Elu, soient proportionnels à sa taille, le passage de Chirac à Sarkozy aurait pu constituer une source d'économie substantielle pour le budget de l'état, me confiait récemment un judoka bedonnant habitué des lieux...
Bon, évidemment, critiquer c'est facile, et critiquer pour critiquer, cela n'est pas dans l'état d'esprit des cuals. C'est vrai, quoi, quand on prétend être une force de proposition, encore faut-il en faire, des propositions... Dont acte, ci-dessous.
Ayant le souci permanent de l'équilibre du budget de l'état (vous me connaissez), je propose donc que soit étudiée l'augmentation du salaire du chef de l'état A MOYENS CONSTANTS. Utopie, me direz-vous ? Point du tout, vous répondrai-je. Je m'explique : tout le monde (enfin, le peuple, quoi...) aura remarqué que le travail du Premier Ministre était dorénavant effectué par le Chef de l'Etat, le Premier Nommé étant réduit à un rôle essentiellement figuratif (il faut bien occuper les lieux si l'on ne veut pas voir l'association Jeudi Noir débarquer à Matignon avec une légion de squatters invétérés). En effet, il semble tout à fait évident que le Chef de l'Etat a fait un choix de vie (travailler plus pour gagner plus), choix de vie que ne partage visiblement pas son Premier Ministre, qui a tout au plus l'investissement d'un collaborateur soucieux de ne pas se fâcher avec son boss, et prêt pour cela à prendre de la distance avec sa fonction. Il me semble donc tout indiqué de procéder à un échange de salaires entre les deux plus hautes fonctions de l'Etat. A cela je ne vois que des avantages, mais peut-être certaines personnes plus au fait des us et coutumes politiques me diront qu'il y a une faille dans mon modeste raisonnement...
Bon mardi à tous.






Commentaires
Ouhla....
S'est pas levé du bon pied le gars, ce matin
L'Assemblée augmente le salaire du chef de l'Etat
30.10.07 | 19h37
PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté un amendement gouvernemental qui augmente le salaire du président de la République pour l'aligner sur le traitement du Premier ministre.
Le salaire présidentiel passerait ainsi d'environ 6.000 euros bruts par mois à près de 19.000 euros bruts, a-t-on indiqué de sources parlementaires.
L'amendement, voté dans le cadre de l'examen de la partie "dépenses" du projet de budget pour 2008, "aligne les modalités de rémunération du président de la République sur celles du Premier ministre", selon l'exposé des motifs.
Il précise que "ces éléments de rémunération sont exclusifs de tout autre paiement, pension, prime ou indemnité, hormis celles à caractère familial".
"Jusqu'à présent, j'ai été payé comme quand j'étais ministre de l'Intérieur. Vous savez je n'ai pas de problème avec ça, je ne vole personne", a commenté Nicolas Sarkozy en marge d'un déplacement en Corse.
Une note interne de l'Elysée, révélée par l'hebdomadaire Profession politique, recommandait d'augmenter le salaire du chef de l'Etat de 101.488 à 240.000 euros par an afin de l'aligner sur le traitement du Premier ministre et de le mettre au niveau de ses homologues étrangers. Soit une revalorisation de 140%.
L'opposition a mis en garde l'exécutif contre un mauvais signal adressé à l'opinion alors que Nicolas Sarkozy, qui se veut le champion du pouvoir d'achat des Français, a refusé de donner un coup de pouce au smic le 1er juillet dernier.
Un autre amendement gouvernemental adopté par les députés, et qui s'inspire d'une recommandation du comité de réflexion sur les institutions présidé par Edouard Balladur, majore de 68,5 millions d'euros (50,9 + 17,6 millions d'euros) les crédits de la dotation de la présidence de la République.
"TRANSPARENCE"
Il propose de réintégrer dans le budget officiel de l'Elysée l'ensemble des dépenses qui contribuent à son fonctionnement et qui étaient jusqu'ici réparties dans différents ministères.
"Il a pour objet, dans un souci de transparence, de procéder à la consolidation, au sein de la dotation de la présidence de la République, de l'ensemble des crédits destinés au fonctionnement et à la rémunération des personnels mis à la disposition de la présidence de la République et aujourd'hui pris en charge par différents ministères", précise l'exposé des motifs.
Ainsi, l'enveloppe des crédits de l'Elysée qui était initialement fixée à 32,3 millions d'euros pour 2008 va s'élever à 100,8 millions d'euros.
"Toutes ces petites histoires où chacun faisait dans son coin, c'est fini. (...) Je veux de la transparence, je veux que ce soit une loi qui fixe la rémunération du président de la République. Ce n'est pas à moi de la fixer", a déclaré Nicolas Sarkozy à des journalistes, en Corse.
"Je veux que les collaborateurs qui travaillent pour l'Elysée rendent des comptes. Je veux que la Cour des comptes puisse contrôler l'Elysée et que le président, son salaire soit fixé comme pour les ministres, le Premier ministre par la loi en toute transparence", a-t-il ajouté.
Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a confirmé que la Cour des comptes vérifierait dorénavant chaque année les crédits de l'Elysée.
Les deux amendements ont été adoptés à la quasi-unanimité des présents, le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR) étant absent du débat. Si l'apparenté socialiste René Dosière, qui depuis des années réclame davantage de transparence sur les comptes de l'Elysée, a voté les deux amendements, le socialiste Jean Launay, rapporteur de ce budget, n'a pas voté celui sur le salaire présidentiel, estimant que "son opportunité n'est pas avérée dans un contexte de pouvoir d'achat difficile pour une majorité de Français".
Bon alors en plus de tout ça, on nous annonçait il y a quelques jours que l'état était en faillite (Fillon) et voilà maintenant qu'on double le salaire du PDG. C'est pas des pratiques de Patron Voyou, ça? Juste avant de se tirer avec la caisse et les machines, tant qu'on y est!!!!