Vent de rébellion dans les forces US ?
Par Noureddine le mercredi 31 octobre 2007, 18:03 - Actualité internationale - Lien permanent
Avec 660 milliards de budget d'armement et une économie en dépôt de bilan c'est sûr qu'une nouvelle agression rapporterait a beaucoup de riches amerloques...
Noureddine

(Source Réseau Voltaire)
« Guerre sans fin »
29 octobre 2007
Depuis Zurich (Suisse)
Vent de rébellion dans les forces US
La presse anglo-saxonne bruisse de rumeurs selon lesquelles des officiers de
l’US Air Force et des services de renseignement se seraient opposés à une
tentative de déclencher une guerre contre l’Iran. Si ces imputations ne sont
pas vérifiables dans le détail pour le moment, il ne fait aucun doute qu’aux
États-Unis un vent de rébellion souffle dans les rangs.
Résistance intérieure aux États-Unis
Selon Newsweek et l’analyse de Wayne Madsen dans son Wayne Madsen Report, une
forte opposition est née chez des cadres de l’Armée de l’air et des services
secrets contre la folie belliciste néo-conservatrice. On peut en conclure
qu’une opposition interne a empêché jusqu’à présent que l’administration Bush
et le vice-président Dick Cheney en particulier ne commencent une guerre
nucléaire au Proche-Orient. Selon ces informations, différents événements
récents sont étroitement liés : l’étrange attaque d’Israël contre une prétendue
installation nucléaire syrienne, le vol d’un B-52 armé de bombes nucléaires du
Dakota du Nord vers la Louisiane et la menace de guerre du ministre des
Affaires étrangères français Bernard Kouchner sur laquelle il est revenu plus
tard.
Le bombardier B-52 et ses 6 bombes nucléaires
Wayne Madsen avait appris par des membres des services secrets états-uniens et
étrangers que le bombardier B-52 qui avait transporté le 30 août 6 missiles de
croisière (Stealth 129 Advanced Cruise Missiles) dont chacun était armé d’une
ogive nucléaire W-80-1 était destiné au Proche-Orient, c’est-à-dire à l’Iran. «
Des membres de l’Armée de l’air, soutenus par des agents des services secrets
états-uniens, ont dévoilé avec succès la vraie destination des armes nucléaires
et la mission a échoué grâce à l’opposition interne de l’Armée de l’air et des
services secrets US. ».
Ce que différents médias, comme le Washington Post, décrivaient comme une «
défaillance » ou un « effondrement » du système de commande et de contrôle
nucléaire d’une ampleur inouïe, était, selon Madsen « le résultat d’une
rébellion de différents membres de l’Armée de l’air et des services secrets
contre l’attaque états-unienne de l’Iran dans laquelle il était prévu
d’utiliser des armes nucléaires et des armes classiques. » David Wurmser,
conseiller pour le Proche- Orient de Dick Cheney, qui a démissionné récemment,
avait, selon Newsweek, déclaré il y a quelques mois devant un groupe de
conseillers que Cheney songeait à inciter Israël à attaquer les installations
nucléaires iraniennes de Natanz avec des missiles. Les représailles de l’Iran
auraient fourni aux États-Unis des raisons suffisantes pour attaquer
massivement l’Iran. « Cependant les plans d’attaque directe d’Israël contre
l’Iran ont été modifiés au profit de l’attaque d’une prétendue installation
nucléaire syro-irano-nord-coréenne dans le nord de la Syrie. » (Madsen) Une
autre source fournit une explication possible de ce changement : L’attaque de
l’armée israélienne aurait servi avant tout à tester le système antimissile de
la Syrie qui lui a été fourni par la Russie. Apparemment, les chasseurs
israéliens n’ont pas réussi à déjouer le système : le radar les ayant repérés,
ils ont dû rebrousser chemin rapidement.
Le Project Checkmate
Dans le Times de Londres, l’analyste militaire Eric Margolis a montré que le
Project Checkmate (Projet Echec et mat) élaboré par deux douzaines d’officiers
de l’Armée de l’air prévoyait une guerre aérienne contre l’Iran. Selon Madsen,
il incluait le contrôle des médias concernant l’Iran, la Syrie et la Corée du
Nord. Le Project Checkmate et l’attaque israélienne auraient constitué le cadre
d’une attaque préventive états-unienne contre l’Iran. Mais « des membres
anonymes de l’Air Force en informèrent le Military Times le 5 septembre, un
jour avant l’attaque israélienne contre la prétendue installation nucléaire en
Syrie et les attaques simultanées états-uniennes contre l’Iran. » (Madsen)
Autrement dit, des officiers de haut rang de l’Armée de l’air et des
fonctionnaires des services secrets sont intervenus en coulisses et ont tiré la
sonnette d’alarme, s’opposant à une clique de va-t-en-guerre ayant
manifestement perdu les pédales. « L’opposition à une attaque est plus
consensuelle à Washington que la plupart des gens ne l’imaginent », écrit
Newsweek, qui se fonde sur les propos d’agents des services secrets et sur un
rapport desdits service, le National Intelligence Estimate, qui paraîtra
prochainement. Ce rapport affirme que « l’Iran ne sera pas capable de
construire une bombe nucléaire avant 2010 ou 2015 ». Et l’analyste militaire
Eric Margolis écrit dans le Times que « des sources proches du gouvernement US
font état d’une forte opposition à la guerre parmi les officiers supérieurs du
Pentagone, les agents de haut rang de la CIA et des fonctionnaires des
ministères des Finances et des Affaires étrangères. » Selon Madsen, outre Dick
Cheney, le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley, des membres de
l’équipe du Project Checkmate, le ministre des Affaires étrangères britannique
David Miliband, le premier ministre israélien Ehoud Olmert, le chef du Likoud
Benjamin Netanyahou et le ministre des Affaires étrangères français Bernard
Kouchner étaient au courant. Ce dernier a, selon Madsen, contribué « à aggraver
les tensions avec l’Iran en évoquant la possibilité d’une guerre contre l’Iran.
Kouchner est revenu sur sa déclaration après que l’exécution du plan
états-unien concernant l’Iran eut été empêchée. » Dans ce contexte, il est
intéressant de relever la manière dont a été présentée la Résolution de la
Conférence générale de l’AIEA, qui demande à Israël de soumettre son programme
d’armes nucléaires aux contrôles de l’AIEA qui correspondent à ceux que les
États-Unis veulent imposer à l’Iran et à la Corée du Nord. Cette Résolution
demande également une zone dénucléarisée dans tout le Proche-Orient. Elle a été
acceptée par 53 contre 2 (États-Unis et Israël) et 47 abstentions. En effet,
Reuters, Associated Press et l’Agence France Presse ont écrit que c’étaient des
États arabes et islamiques qui avaient élaboré le texte. Parmi ceux qui y
étaient favorables figuraient aussi la Chine, la Russie, l’Inde, l’Irlande et
le Japon tandis que les alliés les plus proches de Washington – la
Grande-Bretagne, la France, l’Australie, le Canada et la Géorgie – se sont
abstenus. Il s’agissait manifestement de concentrer l’attention sur l’Iran et
non sur le programme nucléaire israélien que visait la Résolution.
Traduction Horizons et débats
Sources : « The Whispers of War » par Dan Ephron and Mark Hosenball, Newsweek
du 1/10/07. « The men planning America’s next air war », par Eric Margolis, The
Sunday Times du 22/9/07. Wayne Madsen Report du 24/9/07.




