Collectif ? Pas si facile…
Par Xavier Marchand le lundi 24 mars 2008, 16:16 - Actualité locale - Lien permanent
Voilà. Les municipales et les cantonales sont passées. On fait partout des bilans. On tire des enseignements. Et pour le Cual de Mèze, ça s’est passé comment ?
Pourquoi les communistes ont-ils quitté le collectif ?
Voici mes impressions toutes personnelles…
Au moment de fonder le collectif, en 2006, nous avions dit que nous resterions ensemble après les présidentielles, les législatives et que nous serions toujours ensemble aux municipales.
Nous n’aurons pas tenu jusqu’au bout…
Nos buts avant ces élections étaient clairs. Il s’agissait de marquer l’élection à gauche et de continuer le bon travail qui avait été fait, notamment par les copains du PC avec l’équipe sortante. Il fallait aussi faire entrer nos idées antilibérales à la mairie…
Nous souhaitions peser sur les décisions d’une majorité municipale qui se sentait très forte. Pas facile…
Nous avons, certes, délivré au conseil municipal un brevet de bonne gestion de la ville. Mais nous aurions voulu une politique environnementale sans doute plus audacieuse.
Du point de vue de la démocratie locale, nous aurions voulu proposer plus de participation de la population aux grandes décisions. Notamment sur l’intégration à la Super Agglo de Frêche (sur ce plan-là, le dossier n’est d’ailleurs pas clos ;-)…
Notre tract identitaire résume assez bien la philosophie du collectif.
Nous avons assez vite senti que certaines de nos positions dérangeaient les Verts et que, confiants en leur électorat, ils n’allaient pas faire de nous des partenaires privilégiés.
Nous n’étions pas aussi sûr qu’eux de leur réélection dans un fauteuil.
Mais leur hypothèse de travail était bonne.
La reconduite de la liste sortante a été facilement acquise.
Au final, ce n’est pas une chose catastrophique puisqu’elle a permis que la ville ne bascule pas à droite.
Mais cette assurance a conduit l’équipe Fricou à ne pas vouloir nous rencontrer pour parler de politique.
Nous avons pu discuter de places sur la liste, oui, mais pas de projet politique…
Il fallait que la liste soit bouclée pour qu’on puisse enfin aborder le projet…
Et de préférence, que nous ne soyons pas trop exigeants…
Difficile à encaisser… Mais pas pour tous.
Pour pouvoir intégrer pleinement la nouvelle liste du maire que nous souhaitions soutenir et à laquelle nous voulions participer, il aurait alors fallu que le collectif demeure un collectif.
Et c’était possible…
A un moment donné, fin novembre, nous avions la possibilité de dire aux Verts que s’ils voulaient travailler avec nous, ils devaient en quelque sorte reconnaître le Cual en tant que tel.
Comment ? En acceptant sur la future liste des membres du PC, mais aussi des membres du collectif. Avec cinq ou six conseillers sur cette liste, dont trois du Parti, nous pouvions commencer à parler du projet. Et peser. C’était le plan depuis le début…
A ce moment-là des tractations, nous aurions vraiment pu obtenir, ou du moins essayer ensemble, d'obtenir gain de cause, si nous avions tous été d’accord pour dire que si les Verts n’acceptaient pas cette proposition, ils n’auraient avec eux ni les membres du Parti, ni les membres du Cual qui étaient courtisés en vue d’une participation à la liste…
Mais cette position-là, nous ne l’avons pas tenue collectivement.
Personnellement, certains avaient déjà fait le choix de faire partie de la liste quoi qu’il arrive (choix individuellement respectable mais pour le moins préjudiciable au bon fonctionnement du Cual).
Quant aux copains du Parti, ils avaient décidé, en réunion de cellule, de participer à cette liste.
Ceci en vertu de la nécessité pour le PC d’avoir des élus.
Une nécessité que certains verront absolue et d’autres franchement douteuse.
En tout cas un exemple de plus du danger qu’il existe à laisser un parti politique constitué en tant que tel, participer à un collectif, qu’il peut quitter à tout moment, risquant de le saborder…
Le plus surprenant, c’est qu’après le constat que nous n’étions pas d’accord sur la stratégie, nous avons continué de fonctionner…
Le Cual a accepté de donner un suppléant au PC pour les cantonales.
Nous avons eu une dernière parole collective, avec les camarades du PC, pour subordonner le soutien « officiel » du Cual à la liste Fricou à la promesse impossible d’un referendum municipal sur l’agglo…
Puis certains ont intégré l’équipe de campagne du maire alors que d’autres se consacraient à la campagne des cantonales…
Au beau milieu de laquelle les membres du PC nous ont annoncé quitter le collectif, nous reprochant finalement de ne pas avoir tenu compte du fait qu’il y avait des communistes sur la liste Fricou, liste que nous devions donc automatiquement soutenir…
Fallait-il se démarquer à ce point du
Cual pour mener la campagne des municipales?
A l’heure du bilan, c’est un peu la politique qui sort affaiblie de cette histoire. Sans doute même une certaine forme de démocratie…
Sûrs de la fidélité de leur clientèle, les Verts vont pouvoir bientôt nous expliquer qu’il faut intégrer l’Agglo de Frêche, même si nous n’y comprenons rien, parce que c’est bon pour nous. Et qu’il n’y a pas besoin de faire de referendum sur la question puisqu’ils sont pour et qu’ils ont été élus…
Comme partout ailleurs, ce bon vieux PC a fait preuve de combativité. Il a des élus…
Deux.
Et un apparenté issu du Cual.
Oui il y a des antilibéraux dans cette nouvelle équipe.
Et oui je leur souhaite de réussir ne doutant pas un instant qu’ils auront du cœur à l’ouvrage.
Mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas en position de peser aussi lourdement que si nous avions été plus nombreux au conseil municipal.
Or il y a urgence partout à ce que les idées antilibérales soient de mieux en mieux représentées !!!
En ce qui concerne La Chose, cette fameuse construction d’une force politique antilibérale indépendante du PS, on peut dire que l’exemple mézois montre qu’il faudra encore beaucoup, beaucoup de temps…
Un temps que nous n’avons pas forcément devant nous…
Le principal frein à la construction d’une alternative au libéralisme est la méfiance que les militants gardent les uns vis-à-vis des autres.
C’est elle qui risque de continuer à gagner du terrain chez les antilibéraux, à Mèze, comme ailleurs.
Et les copains peuvent toujours nous assurer qu’on retravaillera ensemble et qu’ils reviendront…
Pour nous tourner le dos à la prochaine élection ?
Xavier Marchand





Commentaires
Avec un tel score au premier tour et au second, Fricou aurait pu prendre le risque de politiser l'élection en tendant la main au collectif antilibéral de Mèze. Cela lui aurait permis d'être entouré d'une équipe de militants, capables de défendre un vrai projet de gauche pour la ville.
Mais telle n'était pas sa volonté. Fricou cherchait des "porteurs de voix" (sic), pas des porteurs d'idées, comme il nous l'a signifié lors d'une réunion du cual par l'intermédiaire d'une personne dont je préfère taire le nom tant elle m'a déçu. En se tournant vers ce qu'il a appelé la "société civile", vocable fourre-tout à la fois vide de sens et bien pratique pour masquer la vraie nature de ses composantes, force est de constater qu'il a choisi la voie de la facilité électorale et de la tranquillité politique : celle d'une gestion municipale en bon père de famille, dépourvue d'ambitions sociales et écologiques dignes de ce nom.
Ma foi, peut-être sera-t-on agréablement surpris... Qui sait, la souris verte accouchera peut-être d'un éléphant rouge !!!