Et les pauvres paieront pour les riches ...
Par Xavier Marchand le mercredi 9 avril 2008, 20:53 - Actualité nationale - Lien permanent
Pour rembourser les 15 000 000 000 euros de cadeaux fiscaux consentis aux riches de ce pays, Sarkozy glisse discrètement dans le plan d'austérité annoncé il y a quelques heures la suppression des tarifs sociaux de la SNCF (l'état se désengage de 70 millions d'euros). Lamentable!
PARIS (AFP) — Le désengagement de l'Etat dans le financement de la carte famille nombreuse et autres tarifs "sociaux" de la SNCF suscite l'inquiétude des associations familiales et de consommateurs sur les modalités de leur remplacement, dont les familles ne veulent pas faire les frais.
Actuellement, l'Etat compense le coût des tarifs "sociaux" (familles nombreuses, congés annuels, étudiants ou trajets domicile-travail) en versant une indemnité à la SNCF (70 millions prévus en 2008), mais le gouvernement a annoncé vendredi son intention de cesser ce financement.
Plus de trois millions de personnes bénéficient en particulier de la carte famille nombreuse, qui offre plusieurs avantages mais permet surtout de profiter de réductions sur les billets de trains, comprises entre 30 et 75% selon le nombre d'enfants.
Si la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a assuré que le gouvernement "ne supprimait pas la carte famille nombreuse", elle a toutefois souhaité que la SNCF, qui a engrangé en 2007 un milliard d'euros de bénéfices, imagine un nouveau système pour cette clientèle.
Elle a appelé la compagnie ferroviaire à créer "des produits commerciaux pour les familles nombreuses, qui gardent les avantages (de la carte famille nombreuse) et qui ne soient pas à la charge de tous les contribuables", avec "une mise en place progressive" entre 2009 et 2012.
De son côté, la SNCF a indiqué qu'elle allait consulter les associations de consommateurs afin de "construire une nouvelle offre" tarifaire en lieu et place des tarifs sociaux, sans s'avancer sur la forme que prendrait sa "nouvelle offre" (carte commerciale ou tarifs spéciaux).
Des propos qui inquiètent les associations familiales et d'usagers; elles craignent que la carte famille nombreuse soit remplacée par une carte commerciale, donc payante, avec un nombre de places limité et des contraintes horaires, à l'instar des cartes 12-25, Senior, Escapades et Enfant+.
Par exemple, la carte Senior, réservée aux plus de 60 ans, coûte 55 euros pour un an pour des réductions de 25 à 50% selon les trajets et les horaires.
Dénonçant "les économies faites sur le dos des familles", l'Unaf (Union nationale des associations familiales) juge que "la tarification famille nombreuse doit rester indépendante d'une politique commerciale, par nature changeante".
Le syndicat Sud-Rail et la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP) ont dénoncé conjointement "un nouveau recul qui pénalisera les plus démunis de nos citoyens".
Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et rapporteur spécial du budget des transports, s'est dit lui aussi opposé à la suppression de ces tarifs.
"Il ne faut pas supprimer la carte famille nombreuse", a déclaré M. Mariton à l'AFP, ajoutant qu'il s'opposerait à la fin du financement public des tarifs sociaux lors du débat budgétaire de l'automne à l'Assemblée nationale.
La veille, les Verts s'étaient dits "consternés" par la décision du gouvernement, déplorant "que l'on passe en matière de transport ferroviaires d'une logique de service public en faveur de l'usager à une logique purement marchande qui réduit l'usager au client et qui laisse à quai les moins bien lotis".
Dès dimanche, Sud-Rail avait appelé cheminots et usagers à s'unir pour "imposer le maintien des tarifs sociaux de la SNCF". Selon le syndicat, "supprimer la compensation de l'Etat, c'est imposer aux plus pauvres de payer autant que les plus riches".






Commentaires
Après l'abandon de la notion d'usager au profit de celle de client, après l'abandon des dessertes locales au profit des grandes lignes et du tout TGV, après l'abandon de la tarification au kilomètre, la SNCF continue son œuvre de désaménagement du territoire.
A l'arrière train où vont les choses, tu vas voir qu'à la RATP, ils vont remplacer la carte orange par la carte bleue, gold ou premium, formule libravou. Allez, tiens, pour fêter ça, je mets à la disposition de ces fossoyeurs du service public trois nouveaux slogans (libres de droit, servez-vous), plus en phase avec l'orientation actuelle de l'entreprise :
"SNCF : Le progrès ne vaut que s'il est rentable."
"SNCF : Les profits ne valent que s'ils ne sont partagés que par quelques uns."
"SNCF : A nous de vous faire préférer la voiture (ça pollue mieux)."
Ne reste plus aux retraités et aux familles nombreuses qu'à espérer une belle prise d'otages comme seuls les cheminots savent les commettre, selon la formule brevetée par Jean-Pierre Pernod (TM). Afin que tous les médias puissent reprendre en chœur à l'heure de l'apéro : "Train con"... Mais à quoi au fait : à la santé du con qui paye ?
PS : Dépêchez-vous de cliquer sur l'image tant qu'il en est encore temps !
Bon, et maintenant le gouvernement fait mine de reculer sur ce dossier.
Vu la polémique... normal.
Mais tout de même, c'est usant de voir comme ils lâchent des ballons d'essais pour tâter le terrain.
Si rien ne bronche, ils font.
Si ça grogne trop, ils lâchent ;-).
De nouveau cette vieille méthode. Et ils oseront tout, bien entendu. C'est à ça qu'on les reconnaît...
La technique du ballon d'essai, en effet.
Mais aussi la technique du "je t'annonce un truc tellement gros que ça va forcément pas être possible, mais c'est pour mieux faire passer le même truc, en un peu moins gros, en faisant mine de reculer, mais le truc qui passe est quand même beaucoup plus gros que tu ne l'aurais accepté si je l'avais proposé d'emblée"...
ah, mais on a "négocié"... tu parles...