Météo France massacrée par la logique comptable... A qui le tour?
Par Xavier Marchand le jeudi 8 mai 2008, 12:41 - Actualité nationale - Lien permanent
De la surveillance du climat à la protection des personnes et des biens, le futur mérite un service public météo reconnu aux niveaux local et national.
Météo-France est un établissement public à caractère administratif qui a pour missions l’observation et la prévision du temps, l’étude de l’atmosphère et du climat.
La Direction de Météo-France a annoncé la fermeture de plus de la moitié des centres météorologiques (maintien d’environ 40 centres sur la centaine existant actuellement). Cette décision est guidée par la seule « logique comptable » de réduction des moyens pour les services publics qui se traduirait à Météo-France par la suppression de 1000 emplois (sur les 3600 actuels). Elle correspond également à la croyance de plus en plus aveugle dans les évolutions technologiques à venir. Cela n’est pas sans rappeler l’époque où l’on croyait naïvement que la modélisation numérique allait remplacer les prévisionnistes, alors qu’elle n’a fait que faire évoluer leur métier.
D’autre part, la surveillance du climat et les missions de service public de Météo-France en terme de sécurité des personnes et des biens ont été reconnues incontournables notamment à l’occasion du grenelle de l’environnement. L’Organisation Mondiale de la Météorologie a d’ailleurs rappelé lors de la conférence de Madrid (Mars 2007) « qu’un euro investi dans la météorologie permet d’éviter sept euros de perte pour les sociétés confrontées à toujours plus de menaces météorologiques du fait du réchauffement climatique en cours ».
Cette décision entraînerait une baisse significative de la qualité du service rendu et condamnerait la moitié des départements français à être privés de surveillance du climat et de prévision locale.
Au côté des usagers, des agents, des élus, nous, signataires
demandons :
le
maintien des moyens et des missions du service public météorologique (effectifs
et budgétaires)
le
maintien de tous les centres météorologiques







Commentaires
Ah, la sacro-sainte concurrence, sensée apporter toujours plus de satisfaction aux consommateurs que nous sommes. Mais qu'en est-il, au fait, en matière météorologique ?
Il y a peu de temps encore, quand on consultait le site internet de météo-france, on avait accès aux prévisions nationales et régionales sur 5 jours, ainsi qu'aux prévisions départementales sur 3 jours. C'était comme on disait alors une entreprise de service public, animée par un esprit éponyme, bref une société dont le but était de rendre gratuitement un service réel à tous. Ses coûts financiers étaient répartis sur l'ensemble des citoyens, selon un archaïque principe qu'on appelait impôt.
Heureusement, Mère Progrès et son fiston, NéoLibéro, sont passés par là... Fini, la gabegie : maintenant, les prévisions gratuites, c'est 24 heures pour le département, et 3 jours pour le reste. Si vous en voulez plus, passez à la caisse ! Deux formules d'abonnement, Flash et Plus, vous donnent accès au bonheur...
Tant pis pour météo france, alors ? Autant passer à la concurrence, me direz-vous ? C'est vrai, après tout, si on est mieux servi ailleurs... Plus de concurrence en matière météorologique, c'est plus de données satellites, plus de stations météos locales, forcément...
Ah bon ? Pourtant quand on tape météo-consult, on retombe sur les mêmes infos que sur météo-france ? Et quand on cherche la météo sur Mèze ou sur Pézenas, c'est aussi la même... Bizarre, vous avez dit bizarre ? Pas tant que ça finalement, quand on sait que toutes les données sont issues des mêmes observations satellitaires, des mêmes stations météos, des mêmes simulations sur les mêmes ordinateurs...
Et oui, des prévisions météo de qualité, ça coûte cher, très cher. Alors la concurrence s'exerce sur ce qui ne l'est pas : la commercialisation de bulletins météorologiques aux entreprises et aux... particuliers !
Un bien bel exemple des "bienfaits" de la concurrence : ce dont on pouvait disposer auparavant de manière gratuite est devenu payant, tous les "nouveaux services" sont facturés, et la qualité de l'info de proximité mise en péril par la fermeture des stations locales !
Allez, zou, allez me signer cette pétition, avant qu'on vous facture plein pot le droit de savoir le temps qu'il a fait la veille !
marre de la logique comptable et du liberalisme, que la méteo, le telephone et tout le reste soit gratuit