A vendre gros ministère pour pièces détachées. Plan social bien engagé.
Par Xavier Marchand le vendredi 9 mai 2008, 13:12 - Actualité nationale - Lien permanent
Manif du 15 mai: De l'école maternelle à l'université, c'est tout notre système éducatif, qui subit actuellement les attaques brutales du système libéral.

Cette logique est à l'oeuvre depuis plusieurs années déjà, mais jamais les coups n'avaient été aussi rudes.
Le but poursuivi est simple. Sous le faux prétexte de réaliser des économies qui correspondraient à une baisse du nombre des élèves, il s'agit en fait de désengager l'Etat de sa mission dans l'Education nationale.
Ceci afin de permettre notamment la mise en place, en parallèle de ce qui restera de l’Education nationale, d’un système privé ( soutien scolaire, accompagnement) qui permettra de réaliser des bénéfices en faisant payer les familles qui le pourront. Une école à deux vitesses. Comme il en existe déjà en Angleterre où le coût d’une année scolaire peut aller jusqu’à 8000 euros.
Il n’y a plus rien dans les caisses…
Ce désengagement de l’Etat est l’un des axes majeurs de la révision générale des politiques publiques de Sarkozy (RGPP).
Le gouvernement justifie ce désengagement en évoquant l’absence d’argent dans les caisses… Il a pourtant trouvé de quoi faire 15 milliards de cadeaux fiscaux aux riches, mais aussi de quoi payer un sous-marin nucléaire et entretenir les troupes françaises en Afghanistan. Et il trouvera l’argent nécessaire pour poursuivre et intensifier cette guerre, et participer à l’OTAN qu’il veut nous faire réintégrer…
On supprime donc 180 postes à la rentrée, dans les lycées et collèges de la région. Ils accueilleront pourtant 422 élèves de plus!!!!
Et au niveau national, on supprime 11 000 postes pour la rentrée 2008. Puis ce sera 20 000 par ans pour les 4 années suivantes….
Et on raccourcit aussi dans la filière professionnelle le cycle BEP 2 ans /BAC Pro 2 ans pour justifier d’autres suppressions de postes. Voici le Bac Pro en 3ans ! Au passage, comme cela génèrera une sortie du système scolaire sans qualification pour un plus grand nombre d’élèves, cela fournira aussi une source abondante de main d’œuvre précaire non qualifiée au marché du travail.
Une bonne partie du travail de liquidation/privatisation est déjà avancé.
Aujourd’hui, dans les établissements scolaires, le personnel n’ayant pas un statut lié à l’Education nationale est majoritaire.
Surveillants, documentalistes, secrétaires, aide de vie scolaire, professeurs remplaçants sont recrutés sur la base de contrats de droit privé, sous la seule responsabilité, y compris pédagogique, du chef d’établissement… Leur statut est précaire… Quid de leur formation ?
Les personnels atos (les agents) sont passés sous le contrôle de la région.
Bientôt, les établissements seront autonomes, comme les universités. Qu’en sera-t-il de l’égalité des moyens et des chances ?
Le samedi matin, sans concertation, ne sera plus travaillé dans les écoles. Le nombre d’enfants scolarisés à 2 ans baisse. A terme, ils ne le seront plus avant 5 ans ou bien juste dans des garderies sans enseignement… En attendant, par contre, on n’oublie pas de les ficher soigneusement …
Restent les profs à liquider… Alors on ferme les accès aux concours (-15% de places, 1 concours interne sur 4 fermé) et on supprime les postes à tour de bras en précisant avoir été élu pour ça. Comme si Sarkozy avait été élu pour brader l’Education nationale….
Faire de l’Education un secteur d’activité « comme les autres », avec obligation de profit.
Pour gagner de l’argent avec le chiffre d’affaires colossal que représentait l’Education nationale, on tape partout…
Bien entendu, la diminution de la qualité de l’enseignement délivré par le public profite à l’enseignement privé. Les Conseillers d’orientation Psychologues sont éloignés des établissements scolaires et des Centres d’Information et d’Orientation. On remplacera par du coaching privé.
Les logiciels qui gèrent les notes, les bulletins scolaires, les emplois du temps ne sont plus développés par l’Education nationale mais par des entreprises privées qui se font ainsi verser un impôt royal à chaque mise à jour annuelle.
On va même jusqu’à négocier avec les opérateurs de téléphonie mobile le droit de vendre les résultats des brevets et du bac, avant leur publication officielle (que l’on retarde accidentellement si nécessaire).
Ce que nous
voulons
Dans la presse pour ados (Mon Quotidien, avril 2008), Darcos a vite fait de mettre en opposition les profs qui râlent et font grève avec ceux qui sont sérieux, dévoués et se font respecter… Propos qui n’étonneront pas ceux qui taxent de rétrograde la vision des nouveaux programmes qui viennent de sortir pour le primaire. Et le service minimum testé dans l’éducation tente de briser la grève…
Bien entendu, on rétorque systématiquement à toutes celles et ceux qui se battent contre les réformes libérales que mettre plus de moyens ne sert à rien. Que l’on peut faire mieux avec moins !!! Qu’il n’y a pas le choix et pas d’autres propositions… Cela est FAUX !
Plusieurs syndicats enseignants, des fédérations de parents d’élèves et des partis politiques formulent pourtant des propositions très concrètes pour un meilleur fonctionnement de l’école. Mais elles sont systématiquement écartées, car jugées trop coûteuses ou parce qu’elles s’inscrivent au cœur d’un projet de société solidaire, où l’Etat reprendrait toute sa mesure, où l’Education ne chercherait pas à fabriquer des consommateurs et des travailleurs dociles mais des citoyen-ne-s émancipé-e-s et épanoui-e-s…Une logique bien éloignée de la civilisation dans laquelle Sarkozy veut nous faire glisser.
Impossible nous dit-on…
Pourtant nous l’exigerons : ensemble, le 15 mai et les autres jours !






