Ainsi, selon l'idéologie dominante - relayée par de braves types dont le seul point commun est de tous avoir des salaires à cinq chiffres - seule la croissance économique peut engendrer une amélioration des conditions de vie de chacun. En clair et en décodé, on a tous à gagner si la taille du gâteau s'agrandit. Pouf, pouf, dit l'ouvrier optimiste dont l'usine vient d'être délocalisée en Chine, et qui a du mal à établir une corrélation entre l'amélioration des conditions de vie de son patron et sa lente descente aux enfers. Pan, pan, dit son collègue pessimiste, qui se dit que Jean-Marc Rouillan est bien le seul justiciable en France à ne pas pouvoir se permettre de commenter une décision de justice. Pan, pan, dit-il donc, avant de se loger délicatement une balle dans la tête, histoire de voir si ça fait si mal que ça.

Bref, on l'a tous compris, le salut pour tous passe par la taille du gâteau, car plus le gâteau est gros, plus les miettes sont conséquentes. C'est ce que nous expliquait il n'y a pas si longtemps que ça un chroniqueur de France Inter, économiste auprès de la société... Natexis ! Arrêtez de chercher, bande de dangereux gauchistes, allez fichez-moi tout ça, chère Edwige, et qu'on n'en parle plus...

Car bien évidemment, toute ces gesticulations médiatiques des metteurs en scène de la pensée unique n'ont qu'un but : celui de détourner le peuple de la seule solution viable, seule en capacité de résoudre le problème des trois urgences majeures auxquelles nous sommes confrontés, l'urgence démocratique, l'urgence sociale, l'urgence écologique. Quitte - pour ces serviteurs zélés du pouvoir - à se contredire jour après jour afin de suivre les soubresauts de l'actualité...

Car cette solution existe... Si, si, elle existe ! Et en plus, vous allez voir, c'est tout con. A se demander pourquoi ils y ont pas pensé plus tôt. Allez, j'arrête de vous faire languir. Je vous le donne en mille : Il s'agit tout simplement du... partage des richesses !

- elle répond bien évidemment à l'urgence sociale, tant au plan national que planétaire ;

- elle ne dépend pas de la taille du gâteau, quitte à faire plus de parts ;

- elle permet d'envisager l'avenir de façon écologiquement pérenne, en délaissant le productivisme insoutenable qui mène droit à la catastrophe ;

- elle met en évidence le déficit démocratique de nos sociétés qui refusent obstinément tout débat sur les notions de décroissance, de coopération et d'autogestion, en s'entêtant sur ses choix suicidaires que sont la croissance, la concurrence et les organisations pyramidales, avec les succès que l'on sait.

Allez, au boulot, citoyen. Lève-toi et marche vers la ou les organisations politiques, syndicales, associatives qui militent pour une alternative au libéralisme, et puisque toutes prétendent défendre l'intérêt du peuple, demande-leur pourquoi elles ne mettent pas tout en œuvre, de façon unitaire, pour y parvenir ;-)