Bon, évidemment, ça rallonge le fichier Edvige, qui est obligé de s'incrémenter d'une ligne intitulée "Le citoyen X a-t-il signé le berzingue qu'il a signé ?", ce qui déclenche automatiquement la procédure intitulée "Surveiller-cet individu-dangereux-pour-la-démocratie-histoire-de-vérifier-quand-même-si-par-hasard-il-s'associerait-pas-aussi-à tous-les-trucmuches-associés-au-berzingue-précédemment-signé". Mais bon, c'est comme on dit le retour de la médaille, le revers du Jedi, bref la rançon du progrès (ne pas oublier la cédille, le progrès ne peut pas nous abêtir, quand même).

Ainsi, pendant la campagne présidentielle 2008, j'ai eu la naïveté de signer le pacte écologique de Nicolas Hublot, l'homme à la tête d'Ushuaïa qui ne voyage qu'en avion, près de la fenêtre. Et pour aggraver mon cas, j'ai évidemment coché la petite case intitulée "Voulez-vous être informé de tous les trucmuches associés au berzingue que vous avez signé ?".

Ce qui devait donc arriver arriva. Il m'a écrit. Si, si, Nicolas m'a écrit. Non, pas celui qui s'offusque de la poupée vaudou faute d'avoir pu trouver un accord sur les royalties (ils sont durs les jeunes libéraux, en affaires...), non, l'autre, le grand, l'initiateur du pacte nicologique, le fils spirituel du grand Saint Gobain moussant Ushuaïa.Et que l'on ne me parle pas de courrier-type. Que nenni. Nic'Olo m'informe personnellement dès l'objet de sa missive sol-aire que, je cite, "l?esprit du Pacte écologique a été respecté : vote unanime de la loi Grenelle 1". Le corps de la missive, plus explicite, m'apprend que "le 21 octobre, le projet de loi Grenelle 1 a été voté en première lecture à l'Assemblée nationale à 526 voix contre 4" et que, "Grâce à mon engagement et à la mobilisation de toutes les ONG, le projet de loi Grenelle 1 a connu une première belle avancée avec ce vote quasi unanime des députés..."

Si ça c'est pas une preuve ! 526 voix contre 4 ... Un score quasi-stalinien qui montre à quel point les lobbies de l'Automobile, du Nucléaire, et de tous les autres secteurs industriels qui participent au grand saccage de la planète ont été poussés dans leurs ultimes retranchements. Sacré Nic'Olo !

Ah, il en faut du c'Hulot pour qualifier ce vote de "première belle avancée avec ce vote quasi unanime des députés". Il a dû falloir en avaler des couleuvres pour convaincre tous ces députés, à commencer par le premier d'entre eux, Bernard Accoyer, grand défenseur devant l'éternel Monsanto du maïs transgénique (Hola, Hulot !) de voter ce texte, Il a dû en falloir, des concessions, pour vider le coquillage de sa substantifique moelle et le laisser exsangue, c'est-à-dire prêt-à-voter...

Qu'importe donc ce qu'il en subsiste, c'est l'intention qui compte : on est sur la bonne voie. On fonce toujours droit dans le mur, mais la vitesse de collision a été légèrement revue à la baisse. A défaut d'avoir l'airbag, on aura l'air con, mais qu'importe, puisqu'aujourd'hui on sauve la face.

Merci Nic'Olo :-)

PS : Pour lutter contre ce tour de passe-passe médiatique, et si comme moi vous ne voyez pas de contradictions à vous engager pour une bonne cause et à la combattre quand elle tourne à la farce démocratique, vous pouvez signer ici la pétition intitulée Pacte-contre-Hulot.

NB : Afin de couper court à toute polémique, ainsi qu'à m'éviter un procès retentissant - je n'en ai ni le courage, ni les moyens financiers, je tiens à préciser que l'image utilisée pour illustrer ce billet n'a strictement aucun rapport avec la petite taille du second fils du président de la république française, dont vous trouverez une biographie ici. Je remercie par ailleurs la société William Saurin pour son utilisation, et m'engage auprès de ses dirigeants à retirer cette image immédiatement si elle juge que cela porte atteinte à ses intérêts économiques compris ou à son image pour sa contribution à la gastronomie française.