Midi. Lecture de l'appel devant l'Hôtel de ville. On n'est pas nombreux, mais moi, je trouve que ça a de la gueule. C'est sobre, solennel. On prend nos responsabilités. Les gens s'arrêtent, écoutent, s'interrogent, interrogent. Tiens, y a des journalistes...

Sitting devant les halles de Narbonne. Déjeuner tiré du sac, aidé pour certains par la proximité des halles. Miam miam. On s'est assis par terre, spontanément, en rond. On discute de la résistance. Comment faire pour défendre les droits sociaux conquis de haute lutte au lendemain d'une période forte de l'histoire du pays ? Le micro passe de main en main, le haut-parleur diffuse alentour. Des gens s'arrêtent, écoutent.

13 heures. Les halles ferment. On se retrouve à la terrasse d'un bistrot. Là encore, on s'assied, et le cercle vertueux se reforme. Les discussions repartent. Les idées s'échangent, la base s'exprime, elle est écoutée. D'ailleurs, il n'y a que de la base, ici, que du citoyen ordinaire. Des gens non encartés, certes, mais aussi des militants syndicaux et politiques, conscients toutefois des limites de leurs appareils respectifs à mener le combat du tous ensemble.

Certains parlent beaucoup, d'autres moins, et puis il y a ceux qui écoutent. Qui ne disent jamais rien. Par manque d'habitude, par timidité, par discrétion. On n'est pas des pros, nous. Bon, c'est pas tout ça, mais on doit être à Béziers à 17 heures. Les oubliés prennent enfin la parole. Une fois de plus, la lumière vient de ceux-là. Ce n'est pas une surprise.

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17 heures, devant le théatre, à Béziers. Bistrot. On s'installe. on est rodés. Des gens viennent autour de nous. Certains ont eu vent de l'initiative du CNR, comme c'est le cas dans une quinzaine de villes en France ce jour. Sono, lecture de l'appel. Discussions, échanges. Parfois vifs. La nuit tombe. On est plus de plus de 80 maintenant. Des contacts se nouent. Par petits groupes, les initiés renseignent les non encore initiés.

Comme ce patron d'origine espagnole, à la retraite, qui m'a laissé sa carte. Il était là avec un copain à lui. On a discuté plus d'une demi-heure. Comme ces deux jeunes qui ont fondé une communauté virtuelle sur internet autour d'idées généreuses (www.aunomdelamour.wordpress.com) avec la volonté farouche de les défendre.

Pour certains, le combat continue à Camplong, commune Audoise qui se bat pour sauver sa poste. Cela se finira certainement tard, très tard.

Résister, toujours résister.