Mèze dans l'Agglo: Frêche en rêvait, le conseil municipal l'a fait...
Par Xavier Marchand le mercredi 1 juillet 2009, 00:31 - Actualité locale - Lien permanent
Au moins, on ne pourra pas reprocher à l'équipe en place d'avoir avancé
masquée. Il était clair que la population ne serait pas consultée, sur cette
question cruciale pour l'avenir de notre commune, comme le demandait le Cual de
Mèze...
La délibération a été prise hier en conseil municipal.
Comme l'Europe, qui se construit à marche forcée, contre les peuples, l'Agglo de Montpellier se bâtit sans vrai débat de fond sur ce que l'on veut faire et donc sans démocratie directe.
C'est bien dans l'air du temps. Et on ne peut que le regretter très amèrement. Avancer ainsi, c'est sans doute prendre le risque d'insulter l'avenir, au mieux.
Au pire, c'est l'hypothèquer...
Voir l'historique de l'affaire ici.
La délibération a été prise hier en conseil municipal.
Comme l'Europe, qui se construit à marche forcée, contre les peuples, l'Agglo de Montpellier se bâtit sans vrai débat de fond sur ce que l'on veut faire et donc sans démocratie directe.
C'est bien dans l'air du temps. Et on ne peut que le regretter très amèrement. Avancer ainsi, c'est sans doute prendre le risque d'insulter l'avenir, au mieux.
Au pire, c'est l'hypothèquer...
Voir l'historique de l'affaire ici.






Commentaires
Comme le disait si bien l'ancien maire de Gigean (battu aux dernières élections), les enjeux de l'Agglo sont trop complexes pour qu'on demande leur avis aux gens. Ce doit être aussi le point de vue de l'équipe municipale, qui a choisi elle aussi de faire l'impasse sur l'intelligence de ses administrés.
A moins qu'elle ne se soit pas sentie capable de convaincre sur un tel sujet...
Agglo et PADD
C’est clair. La guerre de mouvement est engagée. Les OPA visant à absorber la CCNBT s’affichent, s’affirment. La CAM a lancé depuis de nombreux mois sa campagne de séduction, la CABT réagit désormais, avec, il faut le reconnaître, une argumentation bien étayée. Normal. D’un côté, une volonté d’annexer un territoire riche en foncier, bien nécessaire à l’agglomération montpelliéraine désormais à l’étroit. De l’autre le souci de poursuivre l’élaboration d’un projet global et détaillé, sur le point d’aboutir : le SCOT de notre syndicat mixte (Bassin de Thau). Et dans ce SCOT, un moteur de belle cylindrée : le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable). Une pièce maitresse du Plan Local d’Urbanisme présentant le projet intercommunal en la matière. Un document essentiel dont on parle peu (ou pas du tout) et qui, pourtant, nous apporte toutes les informations utiles, nous présente un état des lieux rigoureux, dessine précisément l’avenir de notre territoire communautaire. De Montbazin, donc. Ce PADD est le fruit d’un travail de fond réalisé par les élus et des représentants de la société civile guidés et suivis par des professionnels de l’organisation du territoire. Il a, rappelons-le, été approuvé par les quatorze maires du SMBT (donc tous ceux de la Communauté de Communes du Nord du Bassin de Thau). On ne peut donc comprendre (admettre ?) que certains élus aient aujourd’hui changé de monture après le passage des commerciaux de la CAM ; et on doit aussi saluer en même temps la cohérence du maire de Loupian. Ce remarquable document qu’est le PADD (par son contenu, mais aussi par sa densité – qui ne doit pas effrayer – 108 pages) est à lire, à mettre en lumière par tous ceux qui tiennent à comprendre le dossier du rapprochement communautaire sans se laisser éblouir par les professionnels de la politique. Ou le trouver ? Pour ceux qui disposent d’internet (et on peut ici reprocher à la CCNBT de ne pas avoir consacré plusieurs pages de son dernier « journal » au PADD (mais rien n’est dû au hasard), il est téléchargeable sur le site du SMBT.
Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici une petite visite guidée.
Au sommaire, quatre objectifs essentiels : « construire un territoire de haute qualité environnementale », « contenir et organiser le développement urbain », « garantir l’avenir d’une économie identitaire », « construire un territoire solidaire et de haute qualité de vie ». Les cartes de synthèses nous présentent aussi les orientations raisonnées à l’horizon SCOT 2030. Ainsi (parmi d’autres) les pages 44 et 47 situent Montbazin dans les zones à « croissance freinée » où la croissance démographique doit être « très modérée » pour orienter notre développement vers la préservation de l’agriculture (comme potentiel de production qualitative et non de réserve foncière) et des espaces naturels, l’organisation de zones économiques de proximité, du tourisme non limité à la saison estivale. A la sauvegarde et à la mise en valeur de son identité aussi. A chaque secteur sa vocation, en somme, en évitant de bétonner aveuglément comme cela risque fort de se produire si nous brisons l’unité du Bassin de Thau. Montbazin a de bonnes cartes à jouer, mais ne peut prendre le risque de devenir une commune de délestage. On apprend aussi dans ce document, un peu plus loin, qu’il convient de « clarifier les limites de la ville et travailler les interfaces ville/campagne », de lutter, par la prévention et la résorption, contre le mitage du territoire…
Il est aussi question « d’affirmer une vocation de pôle d’équilibre à l’échelle inter SCOT » pour préciser et structurer nos relations avec les agglomérations voisines (on est donc très loin du repli identitaire), de créer « un réseau structurant de transports (alternatifs, motorisés…en prenant en compte un éventuel tram jusqu’à Montbazin, des transports en commun cadencés…).
En conclusion, Les communautés de Sète et de Mèze ont travaillé avec rigueur et pertinence sur l’avenir du bassin de Thau. Les élus ont aujourd’hui l’obligation – au moins morale – d’achever l’œuvre engagée en terminant la préparation du SCOT et en le votant. Aujourd’hui, tout changement radical de cap anéantirait le projet en cours, serait irresponsable et hasardeux.
Yvon Stubert